Projets urbains
- Publié le 9 janvier 2023

Zoom sur un quartier : le Plateau de la Croix-Rousse

Le marché sur la petite place de la Croix-Rousse.
Crédit photo : Muriel Chaulet

La Croix-Rousse a toujours tenu une place à part dans le paysage lyonnais… tout en faisant partie intégrante de l’identité de la ville. Allez, on monte !

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Alors qu’ils sont prêts à traverser la place des Tapis, les passants sont abordés par un jeune homme. Il leur demande gentiment d’en faire le tour car un tournage est en cours. En effet, on peut voir un petit attroupement du côté des restaurants. « Il s’agit d’un projet étudiant pour l’école de cinéma Ésec à Villeurbanne. Sept jours de tournage sont prévus ici et dans les Pentes », explique Eliott Valion, le réalisateur de ce film d’anticipation intitulé Pulsations. Pourquoi à la Croix-Rousse ? « Parce que j’y habite et que c’est un lieu très agréable avec des endroits visuellement très intéressants. »
C’est ça le Plateau de la Croix-Rousse, des surprises et du mouvement tout le temps. Une ambiance sans doute liée à sa situation géographique d’où l’on domine Lyon, à son passé canut, à son marché quotidien des deux côtés du boulevard et sur la petite place de la Croix-Rousse. Y contribuent aussi ses nombreux bars et restaurants dont quelques historiques subsistent, son tissu commercial dense, sans oublier sa richesse culturelle avec les Théâtre de la Croix-Rousse et Sous le caillou, le café-théâtre le Rideau rouge, le Cinéma Saint-Denis et l’Aquarium ciné-café.
Un village en somme.

Les artistes font le mur

« Les murs c’est la peau des habitants disait Gilbert Coudène, le fondateur de CitéCréation. Je suis complètement d’accord avec ça. » Et pour cause. Peintre muraliste, Noémie Babolat a été formée à… CitéCréation, précurseur des murs peints à Lyon. Aujourd’hui, elle dirige l’association Mur69. Elle a mis les paroles de Gilbert Coudène en pratique. C’est à elle que les Croix-Roussiens doivent l’habillage du mur pignon d’un immeuble de logements sociaux sur la place des Tapis. « Mon objectif est de faire connaître l’art urbain et les artistes. Je suis née sur cette place, je trouvais ce mur très intéressant. Les habitants nous disent qu’ils l’apprécient beaucoup. »
Depuis la première fresque en 2016 à cet endroit, le projet a essaimé pour devenir l’Expo Fresk. Actuellement, 4 fresques sur le thème des 4 éléments, choisies avec les habitants, partenaires, mécènes, adhérents de l’association, maillent le quartier : la terre par Abys2fly place des Tapis (photo), l’air par Remi Cierco rue Duviard, le feu par Surikat & Luigi rue Hénon, l’eau par Spone quai Gillet. 
Mur69 ouvre aussi des ateliers aux enfants pour qu’ils dessinent leur propre fresque.
À part “l’eau” qui relève du privé, toutes ont été réalisées sur des immeubles de logements sociaux gérés par ICF Habitat. « Les habitants sont contents, cela valorise leur bâtiment. Et ça met des couleurs dans la ville. » En savoir plus sur Mur69

Prendre soin des femmes

En octobre dernier, le Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS) Point Nuit Maison Pluri’elles rénové était inauguré. Il accueille et accompagne des femmes en situation de précarité, ayant notamment vécu à la rue, comme Marcelle (lire interview ci-contre). 38 résidentes, de 22 à plus de 60 ans, trouvent ici « un lieu pour elles, pour se poser. Entre autres, nous les aidons à réinvestir un chez-soi et à prendre soin d’elles-mêmes », explique Lucas Phaner, directeur  opérationnel, « elles ont d’ailleurs été associées au projet de réaménagement du bâtiment dans son ensemble. » Un refuge, le temps de se remettre sur les rails et de retrouver son autonomie. En 2021, sur 35 résidentes (à l’époque) 29 ont réussi une réinsertion.

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Marcelle, résidente au CHRS Point Nuit Maison Pluri’elles 
 
Quel est votre parcours ?
Je suis arrivée au CHRS le 6 juillet 2022. J’étais à la rue depuis 7 mois. J’ai 61 ans. J’ai travaillé pendant 30 ans, je faisais de la remise en état, de type ménage, de bureaux, logements vides avant qu’ils soient de nouveau occupés. J’ai été obligée d’arrêter de travailler à cause de problèmes physiques lourds. Je ne pouvais plus payer mes loyers, j’ai été expulsée.

Comment avez-vous connu le CHRS ?
Par une assistante sociale de la Péniche Accueil dont une copine m’avait parlé. J’ai pu avoir une chambre, ça a été un soulagement. J’ai été très bien accueillie. Quand je suis arrivée, on m’a ouvert les bras. Je vais rester ici jusqu’à ce que je trouve un logement.

Vous connaissiez la Croix-Rousse ?
Je connais très bien le marché. J’y vais. Je suis allée à la Vogue avec une amie. Et puis on fait des sorties, je vais aller au théâtre. Si possible j’aimerais avoir un logement dans le quartier.

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