Loisirs
- Publié le 7 avril 2022

Festival Entre Rhône et Saône

Lyon a la chance de posséder sur son territoire deux cours d’eau : une rivière, la Saône ; un fleuve, le Rhône. Une vraie richesse que les Lyonnaises et les Lyonnais pourront célébrer pendant le festival Entre Rhône et Saône les 1er, 2 et 3 juillet. Yann Arthus-Bertrand sera le parrain de la 1re édition.

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Juste avant que ne démarrent les vacances d’été, Lyon va fêter sa plus précieuse ressource : l’eau. Le nouvel événement, le festival Entre Rhône et Saône, va en effet s’inscrire dans le calendrier des festivités lyonnaises. Articulé autour de plusieurs temps forts, il va offrir aux Lyonnais et aux Lyonnaises l’occasion de renouer avec les cours d’eau, de s’en rapprocher. Car la plupart des animations seront concentrées sur les bords du Rhône, à hauteur du pont de la Guillotière, et de la Saône notamment à l’Île Barbe (9e). Ici, durant tout le week-end, des guinguettes inviteront à vivre ensemble des moments heureux. En point d’orgue, le samedi, une grande parade aux 9 couleurs déferlera de la place des Terreaux au pont de la Guillotière. Elle sera composée de cortèges provenant de tous les arrondissements, avec la participation des centres sociaux, MJC et associations d'éducation populaire. Accompagné d'échassiers et de batucadas, ce rassemblement familial se clôturera par un spectacle au pied du pont de la Guillotière sous l'oeil de la Mâchecroute, ancestral monstre du Rhône.

Autre temps fort, la compagnie Ilotopie proposera DéRives, un spectacle qui transformera la Saône en véritable scène de théâtre.  

Des animations culturelles, sportives et artistiques portées par des associations locales sont également prévues pour que cet événement soit festif, joyeux et populaire, partagé par le plus grand nombre. Le festival sera aussi l’occasion de découvrir le cycle de l’eau via des conférences scientifiques ; son histoire sous forme d’exposition ; la biodiversité qu’elle abrite, révélée par des associations naturalistes. Enfin, pour contribuer à protéger l’eau, le public sera invité à participer à des actions de dépollution comme la collecte des déchets sur les berges et dans les cours d’eau. D’autres actions en faveur de la préservation du Rhône et de la Saône seront menées.


Questions à Yann Arthus-Bertrand, parrain du festival

La 1re édition d’Entre Rhône et Saône sera parrainée par le photographe et réalisateur Yann Arthus-Bertrand, dont l’engagement pour la planète, l’eau et les fleuves s’inscrit pleinement en écho avec le festival.

Yann Arthus-Bertrand présent à Lyon pour le lancement du festival (photo : Muriel Chaulet)
Yann Arthus-Bertrand présent à Lyon pour le lancement du festival (photo : Muriel Chaulet)

Quels sont les enjeux écologiques autour des cours d'eau ?
Yann Arthus-Bertrand : Les rivières c'est très important parce qu’elles sont entourées de zones protégées où les animaux vivent. Le bassin du Rhône par exemple s'étend sur près de 10 millions d'hectares. Vous imaginez tout finit dans les cours d'eau… En France, 90 % des rivières sont polluées par les pesticides. Il faut vraiment repenser notre façon de voir la Terre autour de nous.

Quel sera votre rôle sur cette manifestation ?
Mon rôle est surtout d’aider et de parler, très modestement, d’écologie à tout le monde. L’écologie c’est respecter la vie autour de soi, c’est aimer la vie. Je plaide pour une écologie amoureuse qui donne envie de changer, de s’impliquer. Aujourd'hui on est dans un déni collectif incroyable. Ce rapport à la croissance dans lequel on se trouve nous empêche de réfléchir sur la place du vivant. Pourtant on a tous une responsabilité. Et je pense qu'aujourd'hui on est au début d'un changement de façon de vivre.

Comment les villes peuvent-elles agir pour préserver la biodiversité ?
Les villes ont plus de facilité à agir qu'un gouvernement. Une ville peut décider sur le bio dans les écoles, donner des terres à des maraîchers, agir sur la mobilité… J'ai fait un film pour La Chaîne Parlementaire sur la Convention Citoyenne pour le Climat : 150 personnes prises au hasard, qui ne connaissent rien à l'environnement sont devenues en quelques semaines plus écolos que moi ! Elles ont endossé leur rôle de citoyen, c'est important. Aujourd'hui on a un projet de film avec France Télévisions qui repose sur le fait de prendre une ville de 20 000 habitants, et de les faire changer de comportement. De faire intervenir des associations locales, de filmer ce qui marche et ce qui ne marche pas. De voir où sont les blocages.

Votre livre de chevet du moment ?
Ce n’est pas mon livre de chevet mais il y a un livre de Léo Cohen qui vient de sortir : 800 Jours au ministère de l’Impossible. L’écologie à l’épreuve du pouvoir (éd. Les Petits matins) et qui me passionne. Il a été conseiller au ministère de l’environnement. Il dit qu'on peut mettre Greta Thunberg à l'Elysée, ça ne fera rien changer. Il explique très bien comme il est compliqué de faire bouger les choses, les pressions qui existent de toutes parts. Mais il faut arrêter d'être en colère contre les lobbys, contre les politiques. Ça ne sert à rien. Il faut se demander : « Qu'est-ce que moi j'ai envie de faire ? Est-ce que toi tu es engagé ? Or, agir rend heureux. »

Colonne de droite 1

LE REVEIL DE LA MACHECROUTE

31 mai 1856, les pluies diluviennes font gonfler le Rhône inexorablement. Il sort de son lit balayant tout sur son passage. Mais est-ce vraiment le fleuve qui agit ainsi ? Ne serait-ce pas plutôt la Mâchecroute, ce dragon aux mâchoires gigantesques tapi au fond de l’eau sous le pont de la Guillotière ? À l’image du Rhône, il est sauvage, indomptable, impétueux. À l’instar du fleuve, le dragon n’apprécie guère qu’on le dérange. Dans ce cas, il se met en colère comme lors des crues de 1840 et 1856. Mais cela c’était… avant. Avant l’aménagement des berges du Rhône et la création des quais hauts voués à assagir le fleuve et le rendre navigable. Désormais il reste en sommeil.
Alors que pour exorciser leur peur les Lyonnais exhibaient l’effigie de la Mâchecroute lors du carnaval, cette tradition sera relancée pendant le festival Entre Rhône et Saône, mais le monstre, qui accueillera les participants à la parade sous le pont de la Guillotière, sera beaucoup plus sympathique et jovial...

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